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13 avril 2019

Pour que la mort n’ait pas le dernier mot : la littérature – Dépasser la mort. L’agir de la littérature

Conférence et présentation du livre de Myriam Watthee-Delmotte

Sous le haut patronage de l’Ambassadeur de Belgique

Pour que la mort n’ait pas le dernier mot : la littérature 

La conférence donnée par Myriam Watthee-Delmotte – avec une réponse par Sylvie Freyermuth – a eu lieu le 12 avril 2019 à 18h30 à la Galerie Simoncini, 6, rue Notre-Dame, L-2240 Luxembourg.

C’est grâce aux mots que l’on cesse d’être seul face à la mort. Mais d’abord, ils manquent : quand la mort s’abat, elle abasourdit, elle frappe de mutité. C’est alors que les écrivains peuvent venir en aide et répondre au besoin de faire sens pour que quelque chose soit sauvé du gouffre. Face à la tombe, la littérature donne aux endeuillés une voix et le sentiment d’une communauté. Elle est ainsi au cœur de ce qui constitue le propre de l’homme, seul être vivant à honorer ses morts.

En des temps où la mort de masse et lointaine est omniprésente et banalisée au quotidien, tandis que la mortalité des proches et de soi est tenue à distance, la littérature prend en charge des fonctions rituelles fondamentales dans la gestion du deuil. Elle agit sur le lecteur et assume des fonctions sociétales que ne peuvent pas couvrir les institutions politiques et les médias.

Dépasser la mort. L’agir de la littérature

La présentation du livre, entretien et discussion avec l’auteure Myriam Watthee-Delmotte – et la participation de Jean Ehret – a eu lieu le 13 avril 2019 à 11h00 à la Librairie Alinéa, 5, rue Beaumont, L-1219 Luxembourg

Comment en vient-on à rédiger un livre sur la mort ? Qu’attend-on d’une telle entreprise ? Quelles sont les expériences que l’on a en abordant les textes ou bien les lecteurs ? Quelles sont les difficultés, les résistances que l’on rencontre dans le travail d’écriture ? Dans quel sens faut-il être « croyant » pour que la lecture exerce son pouvoir ? Qu’apporte la littérature d’autre, de complémentaire à la religion, au sport ? Voilà quelques questions qui ont été abordées lors de l’entretien.

Cette rencontre avec Myriam Watthee-Delmotte a permis aux lectrices et lecteurs non seulement de découvrir un processus de création mais il y a eu la possibilité d’engager un échange vivant avec l’auteure.

Elle a été aussi disponible pour dédicacer son ouvrage.

Myriam Watthee-Delmotte, de l’Académie royale de Belgique, est Directrice de recherches du Fonds National de la Recherche Scientifique et professeur de littérature à l’Université catholique de Louvain, spécialisée dans le domaine français de la fin du XIXe siècle à nos jours. Ses recherches portent sur la littérature comme rite (cf. Littérature et ritualité, Prix Emile Vossaert 2010).

Son essai Dépasser la mort. L’agir de la littérature vient de paraître en janvier 2019 chez Actes Sud.

Sylvie Freyermuth est professeure de langue et littérature françaises à l’Université du Luxembourg. Spécialiste des XXe et XXIe siècles, elle s’intéresse notamment aux questions de cohérence textuelle et à l’inscription, dans la littérature, des questions sociales, politiques et économiques. Actuellement, elle s’attache également à l’étude de la place de la spiritualité dans l’œuvre de Jean Rouaud.

Jean Ehret, directeur de la LSRS, membre de la Section des Sciences morales et politiques de l’Institut grand-ducal, travaille e. a. sur les rapports entre littérature(s) contemporaine(s) et spiritualité(s).

Org. : Université du Luxembourg, Galerie Simoncini, Librairie Alinéa, LSRS / Entrée libre

Face à la mort, réussir à vivre : le pouvoir de la littérature

Allocution du Pr Jean Ehret, directeur de la LSRS, lors de la conférence du Pr Myriam Watthee-Delmotte à la Galerie Simoncini le 12 avril 2019

Madame l’Ambassadeur Abigail Lee-Six, chère Abigail,
Madame la Professeure Myriam Watthee-Delmotte, chère Myriam,
Monsieur André Simoncini, cher André,
Madame la Professeure Sylvie Freyermuth, chère Sylvie,
Chers Collègues et Amis,
Mesdames, Messieurs,

Bonsoir. Soyez les bienvenus. Je m’appelle Jean Ehret. En ma qualité de directeur de la Luxembourg School of Religion & Society l’honneur me revient de vous accueillir ce soir pour la conférence « Pour que la mort n’ait pas le dernier mot : la littérature » pendant laquelle la Professeure Myriam Watthee-Delmotte nous présentera son dernier livre, Dépasser la mort. L’agir de la littérature. Elle nous entretiendra de sa genèse, des auteurs retenus, des moyens dont dispose la littérature pour déployer son pouvoir, c’est-à-dire agir dans notre vie.

Soyez remerciés chacune et chacun de votre présence. L’événement de ce soir me tient particulièrement à cœur ; non seulement abordons-nous un sujet des plus essentiels de la vie, la mort, mais l’organisation de cette soirée a deux effets que j’aimerais relever : elle crée un certain nombre de relations et ouvre des perspectives existentielles.

C’est André Simoncini qui nous accueille ce soir en sa galerie. André est certes fin connaisseur d’art, il est aussi poète intéressé par les questions métaphysiques et spirituelles. Immédiatement, sans que j’aie besoin d’expliquer longuement mon projet, il a compris et accepté d’y participer. Grâce à toi, André, et à Ingrid, les arts entrent en dialogue – peinture, musique et littérature, le monde de la culture et celui de l’université se rencontrent autour d’un sujet universel qui engage tout l’humain, qui relie le spirituel à la créativité, qui permet la vie face à notre condition mortelle. Merci de mettre à notre disposition l’espace où un tel échange puisse avoir lieu.

La conférence de ce soir et la rencontre de demain matin à la librairie Alinéa profitent du haut patronage de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Jean-Louis Six. Je le remercie de tout cœur de nous faire cet honneur. Grâce à lui se renouvellent ainsi les liens culturels et amicaux entre la Belgique et le Luxembourg. Je salue également très chaleureusement son épouse, Madame l’Ambassadeur Abigail Lee-Six, professeure de littérature hispanique à la Royal Halloway University de Londres. Merci, Abigail, de ta présence et de ton intérêt.

La conférence de Myriam Watthee-Delmotte sera suivie d’une réponse de Madame Sylvie Freyermuth, professeure de langue et littératures françaises à l’Université du Luxembourg. Merci, Sylvie, d’avoir accepté cette coopération et d’intervenir ce soir. L’Université du Luxembourg est jeune ; en 15 ans, elle a réussi à devenir un pôle d’excellence à rayonnement international. Les Luxembourgeois ont raison d’être fiers de leur université. La Luxembourg School of Religion & Society est une institution fondée en 2015. Sa mission trouve une expression parlante dans l’esperluette qui relie les deux termes de religion et société comme un bandeau symbolisant un va-et-vient ininterrompu, des influences mutuelles, des relations dynamiques : avec son expertise théologique, son approche dialogique, ses compétences interdisciplinaires, la LSRS désire étudier les rapports entre le religieux, le social et le sociétal et contribuer à un vrai vivre ensemble respectueux des différences. Les deux institutions partagent ainsi une mission universitaire à impact social commune et se complètent par leurs expertises.

Comment vous présenter notre conférencière de ce soir ? Il faut évidemment rappeler sa brillante carrière académique. Elle est professeure de littérature française à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, directrice de recherches au Fond national de la recherche scientifique belge et membre de l’Académie royale de Belgique. Ces titres témoignent d’une très grande expertise qui porte sur la littérature francophone de la deuxième moitié du 19e siècle à nos jours, sur les rapports entre l’art et la littérature, l’esthétique et la spiritualité, le culturel et l’individuel, les imaginaires et leur impact sur les réels etc. J’ajouterais qu’elle a créé un opéra, qu’elle dirige le Fonds Henry Bauchau (http://bauchau.fltr.ucl.ac.be) et qu’elle préside deux associations littéraires. En un mot, c’est une grande dame, un fleuron du monde universitaire belge.

Or ceci peut nous remplir de profond respect et créer une distance entre elle et nous ce qui serait totalement contraire à son intention. Aussi me tient-il vraiment à cœur de dire deux mots sur Myriam telle que je la connais. Elle est d’abord une personne offrant à ceux qu’elle rencontre une vraie présence humaine. J’apprécie son honnêteté, sa curiosité pour découvrir la vie, sa sensibilité comme sa passion pour tout ce qui est art et littérature, son engagement pour ses étudiants et – ce qui est plus rare – pour des collègues ainsi que sa fidélité dans l’amitié. Elle se distingue par l’absence de toute fausse prétention et sa capacité de rendre des choses difficiles compréhensibles, des idées compliquées accessibles et les textes littéraires lumineux. En un mot, c’est un être humain merveilleux. C’est un honneur et, si vous permettez, une vraie bénédiction, de l’avoir avec nous. Je lui cède la parole car je n’aimerais pas attendre plus longtemps pour l’écouter. Merci de votre attention.


Invitation à la conférence
PDF 196.8 ko, 11 mars 2019
Invitation à la présentation du livre
PDF 209.2 ko, 11 mars 2019
Invitation (A5)
PDF 340.1 ko, 11 mars 2019
 
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