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23 novembre 2018

« La Joie de la Mitswa »

Moments forts de la vie d’Emmanuel Bulz

À l’occasion du vingtième anniversaire du décès du Grand Rabbin Emmanuel Bulz (1917-1998), la LSRS a présenté pendant trois semaines une exposition biographique intitulée « Joie de la Mitswa » au Centre Jean XXIII, à la mémoire de ce grand rabbin avec le plus long service au Luxembourg.

Né à Vienne et élevé en Yougoslavie, le fils du rabbin de Belgrade, qui avait commencé ses études rabbiniques à Paris en 1938, poursuivit ses études dans l’école clandestine de Chamalières et rejoignit à partir de 1942 sous le nom d’Eugène Bernard la résistance juive à Clermont-Ferrand. Dans l’Organisation juive de combat, il s’est spécialisé dans la fabrication de faux tampons et documents. Avec de tels faux papiers, beaucoup de juifs persécutés pouvaient survivre à la Shoah.

Emmanuel Bulz a trouvé son premier poste rabbinique en 1949 à La Chaux-de-Fonds en Suisse, où il a assisté au début du dialogue entre chrétiens et juifs en Europe et a également fait un doctorat en droit comparé. Depuis 1958 au Luxembourg, il a eu l’une de ses premières apparitions publiques pour la dédicace d’une plaque aux victimes de la communauté juive de Medernach le 9 novembre 1958. À cette occasion, il a déclaré : « C’est aujourd’hui le 20e anniversaire d’un autre mois de novembre d’une triste notoriété. Ce 9 novembre 1938, des centaines de synagogues ont été incinérées sous les yeux d’un peuple indifférent. D’abord, on a brûlé des livres, puis des synagogues, puis des gens. À Medernach, douze familles ont été exterminées. C’est cependant une petite partie du nombre incommensurable de 6 millions d’hommes et de femmes sacrifiés pour la civilisation païenne… Nous ne les oublierons pas. Cet oubli ne doit pas se produire dans un esprit de vengeance. La Bible nous rappelle que le mal vit dans l’homme, il faut donc être toujours conscient de ce mal. » Cela a été dit par un homme qui avait perdu ses parents à la Shoah en Yougoslavie et dont les deux sœurs avaient survécu, Auschwitz.

Emmanuel Bulz était le dernier grand rabbin ashkénaze du Luxembourg jusqu’à présent. Ses successeurs appartiennent à la branche séfarade du judaïsme. Jusqu’au 1er juillet 1990, il a travaillé pendant 32 ans en tant que Grand Rabbin du Luxembourg. Lorsqu’il a pris sa retraite en 1990, il a reçu le titre honorifique de « Grand Rabbin honoraire » en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle du gouvernement luxembourgeois. C’était la première fois que le gouvernement du Luxembourg décernait ce titre.

Même comme Grand Rabbin honoraire, Emmanuel Bulz a concentré ses efforts jusqu’à sa mort sur le dialogue judéo-chrétien. Avec le président du Consistoire, Edmond Israël et de nombreux amis chrétiens, Emmanuel Bulz était l’un des fondateurs de l’association interreligieuse luxembourgeoise qui, pour la première fois, a conduit au Luxembourg ce très important dialogue entre chrétiens et juifs. Avec Felix Molitor et Raymond Schaack, Emmanuel Bulz, dont la langue maternelle était le yiddish, une langue très proche du luxembourgeois, a travaillé à la traduction des psaumes en luxembourgeois.

De nombreux invités et personnalités ont rendu visité à la synagogue du Luxembourg et son Grand Rabbin au cours de son ministère : le couple grand-ducal est apparu à l’occasion du 175e anniversaire du Consistoire juif en 1985, tandis que le président de l’État d’Israël, Chaim Herzog, et le maire de Jérusalem, Teddy Kollek, lui ont rendu hommage lors de leurs visites à Luxembourg. Kollek était né à Vienne comme Bulz. En 1985, E. Bulz a également rencontré le pape Jean-Paul II lors de sa visite au Luxembourg. Il a présenté un mémorandum au pape de Pologne, qui considérait lui-même des juifs parmi ses amis les plus proches, lui demandant la reconnaissance de la religion juive en tant que telle et appelant à la reconnaissance de l’État d’Israël comme les deux piliers les plus importants du dialogue entre chrétiens et juifs. En 1987, il accompagna le couple grand-ducal lors de sa visite d’État en Israël. Comme il le dit plus tard, ce fut le moment clé de sa vie.

La vie d’Emmanuel Bulz a eu de nombreux moments forts. Jeune étudiant à Vienne, Bulz avait rencontré le dirigeant sioniste Wladimir Zeev Jabotinsky originaire de Russie, qui souhaitait avertir les Juifs de l’Europe de l’Est des dangers du fascisme hitlérien avant la Seconde Guerre mondiale. Bulz l’avait accompagné lors d’une tournée de conférences en Yougoslavie. Plus tard, pour étudier à Paris, il comptait des représentants éminents du judaïsme français, tels que Edmond Fleg ou Maurice Liber parmi ses professeurs. Des rabbins remarquables comme Georges Vadnaï, Chekroun et Nathan André Chouraqui figuraient parmi ses camarades étudiants à Paris et à Chamalières. Bulz a rencontré deux fois le plus grand penseur juif du XXe siècle, Martin Buber. Avec l’élève de Buber, Shalom Ben Chorin, Emmanuel Bulz a participé à la création du groupe de travail judéo-chrétien à Trèves en 1967, dont le groupe de cercle juif chrétien a ensuite émergé André lors des Katholikentage en Allemagne.

Le dialogue interreligieux, une préoccupation majeure du Grand Rabbin Emmanuel Bulz, est également l’un des piliers de la LSRS. C’est dans ce contexte que la LSRS a consacré une exposition biographique à l’occasion du 20e anniversaire de son décès. Des lettres, des documents et des objets personnels soulignent et complètent l’exposition.

L’audience à la LSRS lors du vernissage
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Lors du vernissage de l’exposition le 4 novembre, plusieurs personnes proches du Grand Rabbin, dont son fils Michel, son gendre Jean Jacques Wahl, la Ministre Corinne Cahen, Michel Faullimmel, l’ancien pasteur de l’église protestante, Guy Aach et Claude Marx, anciens Présidents du Consistoire israélite de Luxembourg, et Edouard Wolter, ami de longue date, ont donné des témoignages de leurs parcours commun avec le Grand Rabbin. Jean Ehret, directeur de la LSRS, et Chris Doude van Troostwijk ont salués une audience nombreuse et ont présenté les témoins. Le violoniste Darko Milowich rappelait avec ses intermèdes musicaux de compositeurs polonais le pays d’origine de la famille Bulz.

Bodo BOST bodo.bost lsrs.lu

Collaborateur scientifique à la LSRS

 
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