fr lb de it pt en
Événements
24 octobre 2017

Scientificité et spiritualité dans les agricultures alternatives

Journées d’études (13 au 15 décembre 2017)

Le 30 mars 2017, a eu lieu au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris une journée d’étude consacrée aux « Imaginaires, pratiques et politiques des agricultures alternatives » dont l’objectif était de mieux comprendre l’altérité des agricultures qui se revendiquent « alternatives », en examinant les registres qu’elles explorent (le sensible, le religieux, etc.), et la façon dont ces démarcations par rapport aux agricultures conventionnelles se traduisent tant dans les discours que dans les pratiques. De l’agriculture biodynamique à la permaculture en passant par l’agriculture naturelle, l’agriculture paysanne et certaines formes d’agriculture biologiques, les études de cas présentées ont exploré les formes de co-construction entre imaginaires et matérialité à l’œuvre dans ses pratiques agricoles. Les discussions ont été riches et l’objectif initial de constituer une communauté autour de chercheurs partageant des objets et des approches relativement proches a été rempli puisque les participants (intervenants et publics) ont manifesté la volonté de poursuivre les échanges. Deux axes de réflexion forts ont émergé à l’occasion de ces échanges : celui du rapport de ces types d’agriculture à la scientificité et celui de leur rapport à la spiritualité. Cette dernière question a en partie été abordée lors du colloque « Vers une spiritualisation de l’écologie », également organisé en mars dernier, à l’Université de Lausanne, par Irène Becci, Christophe Monnot et Alexandre Grandjean (ISSRC, FTSR, Unil).

L’ambition des journées de séminaire proposées est de poursuivre ces deux axes de réflexion. La scientificité et la spiritualité, pourtant souvent présentées comme antagonistes, semblent en effet deux registres discursifs et ontologiques fondamentaux auxquels puisent largement les imaginaires et pratiques des agricultures alternatives.

Souvent construite dans un rapport critique aux techno-sciences dominantes appliquées à l’agriculture (notamment la chimie et l’agronomie), ces agricultures veulent se démarquer d’une certaine scientificité tout en recherchant des inspirations conceptuelles et techniques et également une certaine légitimité dans différentes disciplines scientifiques (écologie, pédologie, etc.), ou en explorant des registres de savoirs plus périphériques par rapport à une core-science (homéopathie, géobiologie), ésotériques (alchimie, magie, astrosophie, anthroposophie) ou non occidentaux (ayurveda, yoga, chamanisme, savoirs autochtones, etc.) qui peuvent « ouvrir » sur la sphère spirituelle.

En effet, le plus souvent moins directement visible et explicité, le rapport à la spiritualité semble néanmoins prégnant si ce n’est central dans certains types d’agriculture alternatives. Dans quelle mesure et comment certains actes agricoles sont-ils ritualisés à la manière d’actes religieux ? Les agricultures alternatives impliquent-elles des relations avec des « forces » ou des entités non-humaines issues d’une « surnature » et/ou du « monde des esprits » ?

Ces dimensions seront notamment abordées à partir des questions suivantes :

  • Quels sont les types de savoirs mis en œuvre dans les agricultures alternatives ? savoirs ésotériques, occultes, (para)-scientifiques… savoirs théoriques / expérientiels… savoirs locaux / globaux ?
  • Dans quelle mesure les agricultures alternatives se revendiquent-elles de courants religieux ou spirituels ? À quel type d’expérience religieuse ou spirituelle font-elles appel (prière, initiation, rituel… individuel/collectif) ? Quelle importance accordent-elles aux mythes, aux représentations cosmologiques, aux imaginaires religieux ?
  • Comment le rapport aux savoirs et à la scientificité d’une part, aux croyances et à la spiritualité d’autre part se combinent-ils dans les praxis des agricultures alternatives ? Ces agricultures « étendent-elles le domaine de la lutte » scientifique au delà des ontologies matérialistes ? Peut-on parler d’une écologie de la surnature ou quel sens concret donner à des notions comme celle de « science spirituelle » utilisée dans l’anthroposophie ? 
Ces journées se veulent profondément trans-disciplinaires en faisant dialoguer des spécialistes de différentes disciplines (anthropologie, histoire, agronomie, sociologie, études culturelles, économie, etc.) croisant différents champs d’expertise (le religieux, la ruralité, les savoirs), avec le souci de mettre ces recherches en dialogue avec les animateurs et praticiens des réseaux d’agriculture alternative. 
Elles ont par ailleurs une ambition comparative au sens où il s’agira de traiter de différentes formes d’agricultures alternatives et d’activités associées (biodynamie, permaculture, cueillette de plantes aromatiques et médicinales, etc.) dans différents pays et contextes culturels. 
Les présentations se répartiront sur une journée et demie et s’adressent à un public de chercheurs et de jeunes chercheurs (doctorant.e.s et étudiant.e.s de master) et de praticien.ne.s des agricultures alternatives. 

Invitation
Dépliant

Les intervenant.e.s invité.e.s sont des chercheurs et doctorant.e.s de différentes disciplines engagés dans des travaux sur la biodynamie, la permaculture ou les dimensions que nous souhaitons investir au cours du colloque (rapports à la scientificité et à la spiritualité).

Mercredi, 13 décembre / Geopolis 2207

13h00 Accueil des participants
13h30 Introduction du colloque

Session 1 – Biodynamie

14h00 Nadia Breda (SCIFOPSI, Université de Florence, Italie) – Nature « étendue ». Recherche anthropologique auprès d’une communauté italienne d’anthroposophes et dans la littérature steinerienne
Sophie Caillon (CEFE-CNRS, Montpellier, France) Mélanie Roy (Université Paul Sabatier, Toulouse, France) – De la scientificité à une gestion créative multidimensionnelle : échanges de savoirs autours des plantes rencontrées dans le vignoble gaillacois
Stéphanie Majerus, (Institut de science des religions, Université de Fribourg, Suisse) – Incorporer son environnement en étant betwixt and between
16h00 Pause café

Session 2 – Permaculture

16h30 Laura Centemeri (CEMS, IMM, CNRS, France) – Scientificité et spiritualité dans le mouvement transnational de la permaculture : quelques réflexions à partir d’une recherche sur la diffusion de la permaculture en Italie
François Léger (Umr SADAPT, AgroParisTech, France) – Permaculture : anticiper et survivre à l’Armageddon écologique ?
Pause café
Kevin Morel (Université Catholique de Louvain, Belgique) – Les permaculteurs : du rêve aborigène à l’ingénierie de jardin d’Eden
Discussion
18h30 Fin

Jeudi, 14 décembre / Geopolis 2114

Session 3 – Rendre visible, rendre lisible

09h30 Elise Demeulenaere (Eco-anthropologie et ethnobiologie, CNRS, France) – Tensions ontologiques autour du vivant invisible dans le monde du fromage au lait cru
Mathieu Gervais (GSRL/LSCP, France) – La religion dans une perspective postcoloniale : contribution à un dépassement de l’opposition scientificité/spiritualité
Raphaël Rousseleau (IRCM, FTSR, Université de Lausanne, Suisse) – L’écologie de Vandana Shiva, entre héritage indien et européen
11h00 Pause café
11h30 Mélanie Congretel (UMR SADAPT, AgroParisTech, Paris, France) – Enjeux politiques de la scientifisation des agricultures traditionnelles : réflexions autour d’une expérience amérindienne au Brésil
Jean Chamel (IRCM FTSR, Université de Lausanne, Suisse) – Discours et pratiques écologistes autour du compost
13h00 Repas (cafeteria de Geopolis)

Session 4 – Biodynamie (suite)

14h30 Jean Foyer (ISCC, CNRS, France) – Ontologies à géométrie variable dans les praxis biodynamiques
Alexandre Grandjean (ISSRC, FTSR, Université de Lausanne, Suisse) – De la technique au cosmologique : Quelles sont les ressources des vignerons-encaveurs en Suisse romande ?
Christelle Pineau (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, EHESS, Paris, France) – Vins « nature » : entrelacs, milieu(x), polyphonies
Denis Chartier (Université d’Orléans, France) – Gaiagraphie des vins vivants ou la mise à jour de l’effet de sens d’une (ré)appropriation de rapports « sacrés » et sensés aux vivants
17h30 Pause

Soirée grand public

18h00 Projection du film Révolution silencieuse de Lila Ribi (2016)
Table ronde et débat
Apéritif dinatoire
21h00 Fin

Vendredi, 15 décembre / Sortie

09h00 à 15h00 – Visite d’une exploitation combinant permaculture et biodynamie

Accès en transport public 

Depuis la gare de Lausanne
Métro m2, direction « Croisettes » – Changement à l’arrêt « Lausanne-Flon »
Ensuite Métro m1, direction « Renens CFF »
 – Arrêt « UNIL-Mouline »

Depuis la gare de Renens
Métro m1, direction « Lausanne Flon » – Arrêt « UNIL-Mouline » 
ou
Bus 31, direction « Venoges sud » – Arrêt « UNIL-Mouline »

Voir aussi . See also
Info

Comité organisateur

  • Valérie Boisvert (IGD, FGSE)
  • Leila Chakroun (IGD, FGSE)
  • Claire Julliand (IGD, FGSE)
  • Aurélie Choné (Études germaniques, Université de Strasbourg)
  • Jean Foyer (ISCC, CNRS)
  • Jean Chamel (IRCM, FTSR, UNIL)
  • Alexandre Grandjean (ISSRC, FTSR, UNIL)
Dans cette rubrique . In this section
 
LUXEMBOURG SCHOOL OF RELIGION & SOCIETY
LSRS – Centre Jean XXIII
52 rue Jules Wilhelm
L-2728 Luxembourg

Twitter
Facebook
Linkedin
© Luxembourg School of Religion & Society
certains droits réservés . Some Rights Reserved

Dateschutz . Protection des données
Ëmweltschutz . Protection de l'environnement
+352 43 60 51
office lsrs.lu