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16 septembre 2019

Pour une morphologie du penser : comment poser la question des formes de pensée de façon assez complexe et pertinente ?

Séminaire international d’études approfondies dans le cadre de l’accord de coopération entre le Département d’excellence de philosophie et de sciences de l’éducation de l’Université de Turin (UniTo) et la LSRS

Argumentaire

Le séminaire d’études approfondies s’inscrit dans la construction d’un projet de recherche pluriannuel concernant « La morphologie du penser : entre image(s) et concept(s). De l’antiquité chrétienne à l’ère contemporaine » (titre de travail provisoire). Le but est de développer l’argumentaire et de projeter des activités spécifiques capables de faire avancer le questionnement et la compréhension des mécanismes, fonctions, intérêts et conflits liés aux formes et à la formativité du penser au cours de l’histoire.

Pendant l’année, il s’agira d’abord de développer la notion de(s) forme(s) du penser ou de la pensée, notion importante si l’on veut s’inscrire dans une esthétique et une épistémologie des relations. On peut considérer que forme concerne, voire constitue la disposition relative des éléments que notre perception associe et, partant, exclut. Les formes du penser structurent notre perception des choses et la création de nos mondes ; elles déterminent la construction de nos représentations. Elles interviennent tant par rapport aux choses qui sont devant l’esprit que dans les réalités que notre esprit construit sans référence externe explicite. L’unité de la forme et du contenu attire l’attention sur l’interaction dans la création d’une figure.

Parmi les facteurs qui influencent nos formes du penser, il importe de retenir l’importance de la langue qui est une forme du penser, voire celles des mathématiques ou encore celles de la musique. Il existe des formes dans le monde extérieur que nous percevons et que nous pouvons nous approprier. Le moment du penser lui-même peut encore engendrer la naissance de formes nouvelles. Analyser les formes du penser, chercher à comprendre leur jeu avec différents contenus et entre elles, c’est chercher à saisir la vie dans sa vivacité et vitalité créatrice.

Il importe de voir si la question concernant les formes de la pensée ou du penser se pose déjà dans différentes disciplines scientifiques (philosophie, théologie, sciences humaines, sciences naturelles) et dans les arts. Existe-t-il une conscience de l’importance de ce fac-teur organisateur de nos relations à l’autre, aux autres ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment est-elle travaillée ? Quels sont les points qui ne sont pas abordés, voire quels sont les aspects qui sont ignorés – et pour quelles raisons ?

Comment formuler d’ailleurs une analyse qui mette en rapport le fond et la forme ? Que signifie cela pour la présentation de tout contenu qui apparaît nécessairement dans sa rela-tivité ? Quelles seraient les conditions de possibilité (discursives, psychologiques [psychologie personnelle et institutionnelle], sociologiques, politiques, etc.) d’une telle analyse ?

Le sujet de notre séminaire de recherche s’inscrit dans la pensée du penser ; penser les formes de la pensée suppose une métaposture par rapport à une pensée donnée. Outre l’observation des formes dans différents secteurs et la question de savoir comment comprendre leur fonctionnement et donc aussi la construction des mondes ou des « spiritualités », il importe de se demander quel apport une telle connaissance peut ou doit avoir sur la propre créativité du philosopher dans le contexte d’un monde d’une part pluraliste et d’autre part en quête d’accords permettant de garantir autant que possible les conditions de possibilité d’un vivre ensemble. Autrement dit : si « jadis » ou dans des sociétés dites traditionnelles, certaines formes de rapport étaient proposées par les cultures et religions, dans un monde qui connaît non seulement l’émancipation ou l’autonomisation de plus en plus de facteurs de la vie mais aussi le pluralisme des religions et cultures juxtaposées réduisant les formes considérées « jadis » comme évidentes, voire nécessaires à des possibilités et poussent les individus dans des espaces aux possibilités foisonnantes, il importe de trouver des formes capables de structurer l’espace commun, peut-être outre celle de l’économie. Quels sont les choix à opérer dans les matériaux afin de savoir créer des formes paradoxales, offrant une forte cohésion et un maximum de liberté dans un monde menacé par l’homme lui-même ?

Un tel travail ne fournira pas de réponse finale aux problèmes qui se posent notamment pour le dialogue dans le contexte du pluralisme culturel et religieux. Il veut contribuer à mettre en évidence des structures et facteurs dans les processus d’adaptation, des fonctionnements mentaux, les raisons d’adhésion, de résistance voire de refus d’un changement au niveau de la forme de la pensée à partir d’exemples concrets. Comprendre notre fonctionnement, celui de l’autre, c’est déjà chercher à faire plus attention

Organisation

Séminaire international d’études approfondies dans le cadre de l’accord de coopération entre le Département d’excellence de philosophie et de sciences de l’éducation de l’Université de Turin (UniTo) et la LSRS :

Le séminaire se réunira six fois au cours de l’année académique ; trois séances auront lieu à Turin, trois à Luxembourg. D’autres activités organisées par les institutions partenaires et leurs collègues pourront être intégrées dans la démarche. La langue de communication est soit le français, soit l’italien, soit l’anglais.

Responsables scientifiques

Università degli Studi di Torino : Pr Gianluca Cuozzo
LSRS : Pr Jean Ehret

Titre du séminaire

Pour une morphologie du penser : comment poser la question des formes de pensée de façon assez complexe et pertinente ?

Agenda

Année universitaire 2019-2020

  • 18 septembre 2019, 17h30-20h30
    Luxembourg : Gianluca Cuozzo, Jean Ehret. Formes du penser, formes de la pensée ? Pourquoi penser les formes de penser, comment et pourquoi le faire ?
  • 22 novembre 2019, 14h30-18h30
    Département d’excellence de philosophie et des sciences de l’éducation de l’Université de Turin : Les formes du penser : philosophie, sémiotique, cultural studies
  • Janvier 2020, Luxembourg.
  • Mars 2020, Turin.
  • Mai 2020, Luxembourg.
  • Juillet 2020, Turin.
 
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52 rue Jules Wilhelm
L-2728 Luxembourg

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