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31 janvier 2021

Le rôle des femmes dans les religions monothéistes : défis et enjeux

Relecture du colloque du 16 décembre 2020, par Alberto Ambrosio

Modérateur à la journée d’études sur le rôle des femmes dans les monothéismes au Collège des Bernardins le 16 décembre dernier, une question brûlante m’est apparue comme évidente : pourquoi les femmes ne devraient-elles pas intervenir dans l’action aussi bien que dans l’enseignement que mène une religion monothéiste ? C’est le renversement de la question qui s’impose, en passant de : « pourquoi faire intervenir les femmes, là où elles peuvent déjà être actives » à pourquoi ne pas le faire ? Paraîtra alors l’inconsistance de beaucoup d’arguments contraires aux décisions concrètes.

Le colloque organisé au Collège des Bernardins en partenariat avec l’iReMMO (Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient) tournait autour d’un des thèmes les plus importants concernant les questions de société et de religion : la place ou le rôle de la femme – des femmes – dans la doctrine et les pratiques des religions du Livre. L’après-midi du 16 décembre 2020, le grand auditorium du Collège des Bernardins, vide pour les raisons sanitaires, a hébergé, pour traiter de ce sujet, deux sessions bien relayées sur le canal Youtube du Collège. Ont été enregistrées plus de 1500 « vues » rien que pour l’après-midi, ce qui donne une idée de l’intérêt porté à cette question.

La première session, animée par l’auteur de ce compte-rendu, et qu’ouvrit le mot d’accueil du directeur du pôle de recherche du Collège des Bernardins, le P. Olric de Gélis, s’est concentrée sur le rôle et les droits de femmes dans les trois monothéismes : le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Trois universitaires de renom sont intervenus : Liliane Vana, professeure associée à l’Institut d’études du judaïsme, Valentine Zuber, directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études à Paris (EPHE) et Leïla Tauil, docteure en philosophie et lettres, enseignante-chercheure à l’université de Genève. Chacune des interventions a souligné le droit qu’auraient les femmes d’être davantage impliquées dans la pratique de la religion. Si la chose est très claire dans le judaïsme et dans l’islam, pour le christianisme elle n’en est pas moins aussi une réalité, du moins en ce qui concerne le christianisme protestant. Rien n’empêcherait les femmes de jouer un rôle plus important, voire le même rôle que celui des hommes au sein de la gestion du phénomène religieux.

La question qui se pose alors est de savoir ce qui bloque ce droit théorique et empêche véritablement d’avancer vers sa mise en œuvre. Les femmes sont-elles donc l’avenir des trois monothéismes ? C’est la question qui a été posée par Virginie Larousse, rédactrice en chef du Monde des religions, à trois femmes, toutes actrices de la vie religieuse de leur communauté respective : Pauline Bebe, première femme rabbin de France, Communauté juive libérale de France, Kahina Bahloul, première imame de France, co-fondatrice de la mosquée de Fatima et Jane Stranz, pasteure au sein de l’Église protestante unie de France.

Oui, leur travail n’est pas évident, mais il remplit des journées entières. Oui, elles sont acceptées en France, mais leur ministère en tant qu’il est exercé par des femmes n’est pas forcément toujours bien accueilli par tout le monde. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine pour rendre à César ce qui est à César, si l’on peut gloser cette phrase attribuée à Jésus, s’agissant du rôle des femmes dans les trois monothéismes. Il faut rendre aux femmes ce qui leur revient de droit, et même si cela ne leur revenait pas de droit (religieux), il faut savoir ouvrir des perspectives, de véritables possibilités d’action et de gouvernement au sein de la société religieuse, c’est-à-dire des systèmes religieux.

Les derniers mots de la vice-présidente de l’iReMMO, Agnès Levallois, ont salué le succès qu’a été cette journée d’études et de réflexion, non seulement du point de vue de l’affluence du public qui l’a suivie, mais encore parce qu’elle touche à un sujet majeur des sociétés établies sur les deux rives de la Méditerranée.

 
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