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7 mars 2019

Leçon inaugurale du Pr Alberto Fabio Ambrosio OP

Allocution du directeur Jean Ehret

Monseigneur l’Archevêque,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Shoura et des autres cultes,
Mesdames et Messieurs en vos titres et vos qualités,
Chers Collègues,
Chers Amis,
Mesdames, Messieurs,

Soyez remerciés d’avoir accepté l’invitation d’assister à la leçon inaugurale du Professeur Alberto Fabio Ambrosio. Il est le troisième à se livrer dans notre institution à cet exercice, à la suite de notre collègue Georg Rubel, professeur de théologie biblique, catholique, franconien, et de notre collègue Christian Doude van Troostwijk, professeur de philosophie et d’éthique, protestant réformé libéral, néerlandais. Quant à Alberto Fabio Ambrosio, il est professeur d’histoire et de théologie des religions, spécialiste du soufisme ; comme son nom le trahit, il est Italien et, pour ceux qui comprennent l’origine des deux prénoms, religieux, de l’Ordre des frères prêcheurs. Et je puis vous annoncer qu’à l’automne, ce sera un collègue canadien qui prendra la relève.

Attirer l’attention sur ce caractère interdisciplinaire, multiconfessionel et international de notre équipe est une bonne entrée en matière pour vous accueillir en quelques mots à la Luxembourg School of Religion & Society, créée en 2015 grâce au soutien et à l’encouragement de son grand chancelier, l’archevêque de Luxembourg, Monseigneur Jean-Claude Hollerich que je salue parmi nous.

Excellence, soyez sincèrement remercié de votre confiance, de vos encouragements, de votre apport personnel au projet de la LSRS. Permettez-moi aussi de rappeler que vous êtes professeur honoraire à l’Université Sophia de Tokyo dont vous étiez le vice-recteur pour les affaires internationales. Vous disposez d’une expérience universitaire de très haut niveau ; comme religieux, vous avez vécu dans une société non chrétienne, très ancienne, avec sa langue, sa culture et ses religions qui questionnent radicalement l’évidence chrétienne. Ceci n’aurait-il pas contribué à ce que vous osiez susciter la genèse, stimuler la croissance et accompagner le développement d’une institution qui, de par son caractère théologique, se doit d’oser prendre de nouveaux chemins, d’être dialogique, interdisciplinaire et insérée dans un réseau international, comme le souligne la Constitution apostolique Veritatis gaudium du pape François ? La LSRS a vocation d’être un partenaire de dialogue intellectuel dans les espaces académiques, socio-politiques, religieux et culturels du Grand-Duché et de la Grande Région.

Je tiens aussi à remercier les représentants des hautes autorités luxembourgeoises, les représentants du corps diplomatique, les hauts représentants des cultes, les représentants du monde de la politique, de l’économie et de la culture et les collègues d’autres institutions académiques de leur présence. Je salue également les amis et invités du Professeur Ambrosio ainsi que les participants du colloque « D’un islam au Luxembourg à une pensée européenne de l’islam ». Vous tous, par votre présence vous honorez notre institution, les collaboratrices et collaborateurs de la LSRS, nos engagements et celui donnera sa leçon inaugurale ce soir.

Une leçon inaugurale est un exercice périlleux. Il me souvient d’un certain confrère du Professeur Ambrosio où les archers du roi durent être convoqués pour protéger le nouveau maître régent des attaques de ses détracteurs pendant qu’il délivrait sa leçon inaugurale. Cette scène eut lieu en 1256 à Paris, au milieu d’une lutte qui opposait les maîtres séculiers et les ordres mendiants qui s’étaient installés dans la ville et s’inséraient de plus en plus dans le monde académique. L’homme concerné n’est personne d’autre que saint Thomas d’Aquin, jeune homme rompant avec la carrière à laquelle ses parents l’avaient destinés, avide de connaître les sources de la théologie chrétienne comme les textes des philosophes grecs ou musulmans, innovateur en théologie s’il en est, loin de ce que tous les « ismes » qu’on a bien pu coller comme des boulets à son nom ont pu prétendre de lui. De nos temps point besoin d’archers du roi, mais certes encore des trois qualités d’un professeur que Thomas avait évoquées lui-même, à savoir que les frères devaient être élevés, illuminés et fortifiés. Je traduirais ces trois termes en besoin de lumière intellectuelle, d’engagement spirituel et de force d’âme pour savoir, aujourd’hui aussi, évoquer Dieu de façon crédible, d’une façon digne de Dieu et digne des hommes.

Mais la leçon inaugurale est un exercice périlleux d’une autre façon encore : le professeur s’y expose, crée des attentes, suscite des questions. Or nous n’avons pas à faire à quelqu’un qui n’aurait déjà fait ses preuves. Docteur en histoire des religions de la Sorbonne, habilité à diriger les recherches en théologie catholique de l’Université de Lorraine, Alberto Ambrosio nous a rejoint il y a déjà plusieurs années, après avoir vécu quelques onze ans en Turquie. Est-il Italien ? Serait-il devenu turc ? Aurait-il adopté l’esprit français ? Ou serait sur le chemin de devenir un vrai Luxembourgeois ? Homme de cœur et d’esprit, il est avant tout chrétien, ami de Dieu et des hommes, fragile et fort à la fois, migrant, portant en lui une histoire faite de fragments dont aucun ne le caractérise en tout, attiré par les horizons de cette liberté qui s’appelle encore beauté. S’il ne donne qu’aujourd’hui cette leçon inaugurale, cela tient aussi au fait qu’il a fait confiance au projet de la LSRS à un moment où elle commençait à peine à naître, où il a cru aux paroles de quelqu’un qui l’avait invité à se joindre à une équipe qui se construisait lentement, où il s’est laissé questionner parfois rudement sur sa recherche et sa façon de travailler pour devenir un moteur dans la démarche qui caractérise la maison et aboutir à une pensée, un projet dont il nous entretiendra ce soir. Il est vrai que l’amitié naissante a soutenu une recherche et un engagement commun. Merci, Alberto.

Nous nous devons aussi ce soir, je pense, Alberto, de saluer celle qui nous a formés, qui nous a donné de nous rencontrer et qui ne cesse de nous soutenir jusqu’aujourd’hui, ma directrice de thèse, ta marraine d’habilitation, Madame le Professeur Marie-Anne Vannier, spécialiste mondialement reconnue de Cassien, d’Augustin et plus particulièrement de Maître Eckhart et de la mystique rhénane. Chère Marie-Anne, recevez notre témoignage de reconnaissance et de notre fierté d’avoir été formés par vous. Soyez particulièrement remerciée de votre engagement dans la maison.

Avant que le Professeur Ambrosio prenne la parole, il revient encore à notre collègue le Professeur Doude van Troostwijk de s’exprimer en tant que directeur du département Responsabilité publique. Mesdames, Messieurs, merci de votre présence, merci de votre attention.

Pr Dr Dr Jean EHRET director lsrs.lu

Directeur de la Luxembourg School of Religion & Society

 
LUXEMBOURG SCHOOL OF RELIGION & SOCIETY
LSRS – Centre Jean XXIII
52 rue Jules Wilhelm
L-2728 Luxembourg

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