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4 février 2021

Première Journée Internationale de la Fraternité Humaine

La mission, la vision et les valeurs de la LSRS la caractérisent comme un acteur au service de la fraternité

En ce 4 février 2021 s’est célèbrée la première Journée Internationale de la Fraternité Humaine suivant la décision des Nations Unies du 21 décembre 2020.

La LSRS répond à l’appel du Pape François et du Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb que le |Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune « devienne objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, universités […] afin de contribuer à créer de nouvelles générations qui portent le bien et la paix et défendent partout le droit des opprimés et des derniers ». Elle crée un environnement, elle est un lieu où ne s’étudie pas seulement la fraternité mais où elle se vit et, en la vivant, s’apprend. Sa mission, sa vision et ses valeurs la caractérisent comme un acteur au service de la fraternité humaine ; quelques éléments concrets, pratiques qui montrent cette même détermination :

  • la composition interdisciplinaire, internationale et interconvictionnelle de nos équipes de recherche réalise cet esprit ;
  • le colloque du 4 mars portant sur “Islam and Human Rights” est un autre événement très important dans cette démarche ;
  • des conventions internationales avec des établissements d’enseignement et de recherche tant laïcs que liés à une certaine confession ;
  • la composition de notre Conseil des sages témoigne de notre volonté de créer et développer des liens forts avec des personnes de différentes convictions pour nous engager ensemble dans les réflexions et activités qui construisent la fraternité humaine.

Certes, travailler à construire des liens de fraternité est une mission qui ne sera jamais achevée mais nous ne nous lasserons point d’elle car elle n’est pas seulement nécessaire mais belle !

Dans la suite nous vous proposons

  • quelques informations concernant notamment l’engagement commun du Pape François et du grand imam d’Al-Azhar (Le Caire), Ahmad Al-Tayyeb pour la fraternité humaine, la paix mondiale et la coexistence commune ;
  • des textes de nos collègues : Pr Alberto Fabio Ambrosio, Pr Myriam Watthée-Delmotte, Dr Diana Mistreanu ;
  • des extraits de l’encyclique Fratelli tutti du Pape François.

La LSRS invite toute personne à poser en cette journée un geste spécifique pour contribuer à nouer des relations d’amitié et de fraternité et à se recueillir pendant un moment suivant la religion, confession ou conviction personnelle pour créer également un lien spirituel fort.

Pr Jean Ehret, Directeur

Bref résumé historique 2019-2021

Le 4 février 2019, lors du voyage apostolique de Sa Sainteté aux Émirats arabes unis, le pape François et le grand imam d’Al-Azhar (Le Caire), Ahmad Al-Tayyeb (Égypte, 1946), ont signé le Document sur la Fraternité Humaine pour la Paix Mondiale et la Coexistence Commune, également connu sous le nom de Document sur la Fraternité Humaine.

Afin de le mettre en œuvre, le Comité Supérieur pour la Fraternité Humaine (HCHF) a été constitué le 20 août de la même année. Un projet est en cours d’élaboration pour créer une Maison de la Famille d’Abraham, avec une synagogue, une église et une mosquée, sur l’île de Saadiyat, le cœur culturel d’Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.

Le HCHF a créé le Prix Zayed pour la Fraternité Humaine en l’honneur du Cheikh Zayed, l’un des fondateurs des Émirats arabes unis. Le comité du prix est composé de personnalités importantes. En 2019, il a été symboliquement attribué en premier au pape François et au grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb. Le prix 2021 sera décerné le 4 février.

Le 3 octobre 2020, le pape François a signé à Assise la Lettre Encyclique Fratelli tutti sur la fraternité et l’amitié sociale. « Cette encyclique rassemble et développe des thèmes importants abordés dans ce document [sur la Fraternité Humaine] que nous avons signé ensemble. » (FT 5).

Le 21 décembre 2020, l’Assemblée Générale des Nations Unies a déclaré le 4 février Journée Internationale de la Fraternité Humaine (IDHF), qui sera célébrée comme chaque pays le juge approprié.

Le 4 février 2021, une célébration virtuelle de l’IDHF aura lieu à Abu Dhabi avec la participation du Pape et du cardinal Ayuso Guixot, MCCJ, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux (PCDI).


L’amitié comme fraternité universelle

Ayant vécu longtemps dans une des capitales historiques de l’Orient musulman, c’est-à-dire à Istanbul, et encore plus travaillé sur la mystique musulmane, la fraternité universelle a été pour moi l’horizon naturel de l’expérience et de la compréhension. Le document signé par le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb en 2019 scelle d’un sceau quasi éternel dans l’histoire humaine, le credo d’une humanité conciliante, croyante, vraie et enfin nouvelle – à refaire chaque jour. Il existe un mot qui résumé cette déclaration : l’Amitié.

Derrière l’idée, le désir et la pratique de la fraternité universelle demeure la célébration de l’amitié, vraie, sincère, profonde. Dans l’amitié, deux êtres humains d’horizon parfois complètement différents se mettent ensemble, essaient de se comprendre, d’œuvrer pour le même bien commun. Et chemin faisant, cette expérience construit l’amitié, deux êtres humains deviennent amis, construisent leur amitié, l’un pour l’autre, l’un et l’autre orienté vers le Bien commun.

Toutes les cultures célèbrent l’amitié ; c’est pour cette raison que nous pouvons encore croire à la fraternité universelle. Nous ne répéterons jamais assez que la racine d’amitié est la même que celle de l’amour. La déclaration débute ainsi par ces mots qui sont un programme de vie : « La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer ». C’est tout un programme que je désire contribuer à mettre en œuvre, notamment grâce à mes travaux à la LSRS, haut-lieu d’amitié et de fraternité entre les personnes de tous les horizons.

Pr Alberto Fabio Ambrosio OP, LSRS


La fraternité humaine par les arts et les lettres

Le projet « Le feu sacré » que nous développons à la LSRS explore des pistes pour traverser des épreuves comme la montée des terrorismes, la menace climatique et la pandémie par le recours à la culture. Car la fraternité humaine se construit aussi par les arts et les lettres, qui nous préservent d’habiter, comme le disait Eugène Ionesco, « un pays sans esprit » où, à défaut de préserver la nuance de la pensée, la complexité, le rire, il n’y a plus de frein à « la colère et la haine » et la mécanique de la violence s’installe.

Dans la force vitale des lettres et des arts, l’humanité dispose d’un lieu où les questions de sens et d’avenir peuvent se poser, et proposer des enthousiasmes partageables. Aviver, voire relancer le désir d’un futur à bâtir en commun suppose de percevoir ce qui pour soi et pour autrui est sacré. Le projet analyse la construction culturelle de la société en observant comment le sacré se donne à voir et à vivre aujourd’hui, par quelles formes, figures, pratiques créatives, en dialogue avec différents cultes et spiritualités non confessionnelles.

Pr Myriam Watthée-Delmotte, LSRS (2020-2023)


« Un foyer où les âmes se fondent et de plusieurs n’en font qu’une seule. ».
Les « Lecteurs d’hiver », une histoire de livres et d’amitié

Le club de lecture « Lecteurs d’hiver » fonctionne depuis novembre 2019 dans le cadre de la LSRS, s’inscrivant parfaitement dans la logique de partage, de découverte et de rencontre de l’autre qui anime notre institution. Il se propose de récupérer la dimension de liant social de la lecture, qui est un acte qui fait vibrer et parler et dont le pouvoir met les êtres humains en dialogue, crée des amitiés et permet non seulement de découvrir, mais aussi de comprendre l’autre – objectif qui est au cœur de la mission de notre institution. Le club est ainsi un espace non-formel d’échange et de découverte de la littérature universelle, mais aussi de l’altérité. Son nom évoque aussi bien « l’hiver » – puisqu’il a été fondé pendant le semestre d’hiver, proposant aux participants de se réunir non pas au coin du feu, mais presque, pour lire, discuter et raconter des histoires – que la diversité (lecteurs divers) de toutes sortes qu’il promeut depuis sa création. Et comment trouver de plus éloquentes paroles que celles où Saint Augustin évoque ses amis pour décrire ces soirées littéraires hébergées par la LSRS, si éloignées des réflexions augustiniennes dans le temps et dans l’espace, mais si proches d’elles dans l’esprit ?

« Il y avait chez eux d’autres agréments qui me prenaient encore davantage le cœur : c’était de causer et de rire avec eux, c’étaient les complaisances d’une bienveillance mutuelle, la lecture en commun des livres bien écrits, les plaisanteries, les égards réciproques ; quelquefois un désaccord sans rancune, comme on en a avec soi-même, dissentiments rarissimes qui sont le sel d’une entente habituelle ; c’était d’instruire et d’être instruit tour à tour ; le regret impatient des absents, l’accueil joyeux fait à ceux qui arrivent. Ces témoignages et d’autres de même sorte, qui s’échappent des cœurs aimants et aimés, par le visage, la langue, les yeux, par mille gestes gracieux sont comme un foyer où les âmes se fondent et de plusieurs n’en font qu’une seule. » (Saint Augustin, Confessions).

Dr Diana Mistreanu, LSRS


La Fraternité Humaine dans l’Encyclique Fratelli tutti (FT) du Pape François

« Si l’affirmation selon laquelle tous en tant qu’êtres humains nous sommes frères et sœurs n’est pas seulement une abstraction mais devient réalité et se concrétise, cela nous met face à une série de défis qui nous bouleversent, nous obligent à envisager de nouvelles perspectives et à développer de nouvelles réactions » (FT 128).

« La fraternité n’est pas que le résultat des conditions de respect des libertés individuelles, ni même d’une certaine équité observée. La fraternité a quelque chose de positif à offrir à la liberté et à l’égalité » (FT 103).

« Un chemin de fraternité, local et universel, ne peut être parcouru que par des esprits libres et prêts pour de vraies rencontres » (FT 50). « L’amour de l’autre pour lui-même nous amène à rechercher le meilleur pour sa vie. Ce n’est qu’en cultivant ce genre de relations que nous rendrons possibles une amitié sociale inclusive et une fraternité ouverte à tous » (FT 94). « Il est quelque chose de fondamental et d’essentiel à reconnaître pour progresser vers l’amitié sociale et la fraternité universelle : réaliser combien vaut un être humain, combien vaut une personne, toujours et en toute circonstance » (FT 106).

« Tout être humain a le droit de vivre dans la dignité et de se développer pleinement. Lorsque ce principe élémentaire n’est pas préservé, il n’y a d’avenir ni pour la fraternité ni pour la survie de l’humanité » (FT 107). « La justice est une condition indispensable pour atteindre l’idéal de la fraternité universelle » (FT 173).

« Il y a un droit fondamental qui ne doit pas être oublié sur le chemin de la fraternité et de la paix. C’est la liberté religieuse pour les croyants de toutes les religions » (FT 279).

« Il est nécessaire de promouvoir non seulement une mystique de la fraternité mais aussi une organisation mondiale plus efficace pour aider à résoudre les problèmes pressants des personnes abandonnées qui souffrent et meurent dans les pays pauvres » (FT 165). « Peut-il y avoir un chemin approprié vers la fraternité universelle et la paix sociale sans une bonne politique ? » (FT 176).

« L’Église a un rôle public qui ne se borne pas à ses activités d’assistance ou d’éducation, mais qui favorise la promotion de l’homme et de la fraternité universelle » (FT 276). « Pour nous [chrétiens] cette source de dignité humaine et de fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus-Christ. C’est de là que surgit pour la pensée chrétienne et pour l’action de l’Église le primat donné à la relation, à la rencontre avec le mystère sacré de l’autre, à la communion universelle avec l’humanité tout entière comme vocation de tous » (FT 277).

« Lors de cette rencontre fraternelle, dont je garde un heureux souvenir, le Grand Imam Ahmad Al-Tayyeb et moi-même avons déclaré “fermement que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions. et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes. […] En effet, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens”. C’est pourquoi je veux reprendre ici l’appel à la paix, à la justice et à la fraternité que nous avons fait ensemble : Le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune » (FT 285).

Fratelli tutti (FR)
 
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